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03-11-2019, Moscou

Réception solennelle à l’église du Christ-Sauveur en l’honneur du rattachement de l’Archevêché des paroisses de tradition russe en Europe occidentale.

Une réception solennelle a été donnée le 3 novembre 2019 dans les réfectoires de la cathédrale du Christ-Sauveur, à l’occasion du rattachement de l’Archevêché des paroisses de tradition russe en Europe occidentale à l’Église orthodoxe russe.

Pendant la réception, le métropolite Jean de Doubna, chef de l’Archevêché, a remercié le patriarche Cyrille de Moscou et de toute la Russie dans un discours :

« Je tiens à vous remercier de tout cœur pour tout ce que vous avez fait pour nous, dès la première heure, après le malheur qui a frappé notre Archevêché. Vous avez réagi en pasteur et en père, et nous avons immédiatement senti et apprécié votre soutien et votre largeur de vue.

Vous nous avez offert la possibilité d’un dialogue, d’un dialogue authentique, qui a été couronné par la charte lue ce matin. Cela a été possible grâce au travail de la commission mixte créée avec votre participation.

Je veux aussi remercier tout particulièrement les membres du Saint-Synode, qui, après l’impulsion que vous aviez donnée pour le salut de notre Archevêché, vous ont soutenu dans cette voie.

Nous voulons dire merci, mais ce mot n’est pas assez fort pour exprimer la gratitude qui découle des profondeurs les plus secrètes de nos âmes. Merci à vous de nous accueillir, merci de tout ce que vous avez fait pour cela. Je pense que tous ceux qui nous accompagnent vous sont très reconnaissants de votre détermination à sauver notre Archevêché.

Comme je l’ai déjà dit, le seul que j’ai suivi dans cette voie, c’est le métropolite Euloge, parce je perçois ses paroles comme un testament spirituel. Ma mission était d’appliquer ce testament. J’ai été soutenu par nos clercs, par les frères et sœurs de notre Archevêché, qui ont prié, qui ont travaillé, qui ont accepté et incarné cette décision, la seule décision salutaire pour notre Archevêché. J’ai dit dès le début que nous étions placés dans la même position que l’Église primitive : il y a deux voies : la voie de la vie et celle de la mort. On nous proposait la voie de la mort, mais grâce à la prière, par grâce de Dieu, nous avons pu tous ensemble choisir la voie de la vie.

Votre Sainteté, vous, le Saint-Synode et tous ceux qui y ont œuvré, nous ont rendu l’espérance et nous ont ouvert un nouvel avenir sous votre direction. Au nom de tous ceux qui m’accompagnent, Sainteté, recevez l’expression de la plus profonde reconnaissance. Commémorez-nous dans votre prière, et nous ferons aussi mémoire de vous dans les autres, remerciant Dieu de ce jour merveilleux, jour de l’unité de l’Église du Patriarcat de Moscou, qui fut divisé par les vicissitudes de l’histoire, mais est réuni par la grâce du Saint-Esprit. Merci ! »

Sont aussi intervenus pendant la réception : le métropolite Juvénal de Kroutitsy et de Kolomna, le métropolite Hilarion de Volokolamsk, président du Département des relations ecclésiatiques extérieures du Patriarcat de Moscou, le métropolite Antoine de Chersonèse et d’Europe occidentale, exarque patriarcal en Europe occidentale, responsable de la Direction des établissements du Patriarcat de Moscou, le protopresbytre Anatoli Rakovitch, l’archiprêtre Jean Gueit, l’archiprêtre Nicolas Cernokrak, recteur de l’Institut Saint-Serge, et le prêtre Timothy Curtis.

Le patriarche Cyrille de Moscou et de toute la Russie a prononcé le discours de clôture.

« Ce n’est pas parce que la situation politique a changé, a dit, notamment le patriarche. Ni parce que la Russie et l’Europe occidentale auraient changé, ni à cause de rapports différents entre les pays, ni, non plus, parce qu’une nouvelle génération a grandi ou que les gens ont ressenti la nécessité d’en venir là. Tous ces facteurs humains auraient pu influer aussi bien en faveur de l’évènement d’aujourd’hui que contre lui, puisqu’il y a autant d’opinions que de têtes, et que les opinions diffèrent. Malgré tout, d’où que nous venions, aussi bien des pays d’Europe occidentale où l’Archevêché est présent, que de Russie où des autres pays où est présent le Patriarcat de Moscou, nous sommes parvenus à un point étonnant de complet accord. »

« Pour moi, ce n’est pas un témoignage de la sagesse humaine, mais de la puissance divine. Les diplomates ecclésiastiques les plus expérimentés peuvent bien siéger pendant longtemps, élaborant d’excellentes formules, tout peut s’arrêter en un instant et revenir en arrière. J’appartiens à une génération du clergé de l’Église orthodoxe russe qui a participé au dialogue avec l’Archevêché, avec l’Église russe hors-frontières, avec d’autres organisations religieuses en Europe et en Amérique. Je me souviens bien que même lorsque tous les interlocuteurs étaient d’accord, on n’arrivait pas à en venir à la décision qui aurait amené le rattachement. Malgré de bonnes relations personnelles avec les prêtres, les laïcs, la jeunesse, on n’arrivait pas à dépasser la ligne de division, et ce n’est pas parce que quelqu’un à Moscou ou à Paris l’empêchait », a constaté le primat de l’Église orthodoxe russe.

« De quoi témoigne notre réunion aujourd’hui ? – a poursuivi Sa Sainteté. Sans doute de ce qu’il fallait boire jusqu’à la lie la coupe de la division engendrée par le péché humain, par la révolution, la guerre civile, l’éloignement moral. Il fallait passer par ce chemin difficile pour que le Seigneur tourne vers nous Sa miséricorde et dise : les enfants, ça suffit ! Unissez-vous ! »

« C’est par Sa parole que tout a eu lieu, je n’ai pas d’autre explication. Car si l’on s’en tient à la logique humaine ordinaire, quelque chose aurait sûrement repoussé les résultats de nos pourpalers à un moment donné. Mais cela ne s’est pas prodruit. Notre gratitude va avant tout, va uniquement non au patriarche, non à Mgr Jean, non au Synode ni à vos instituts conciliaires, mais au Seigneur, qui nous a manifesté Sa miséricorde et nous a dit : Assez, vous avez bu la coupe de la division, maintenant réunissez-vous, souvenez-vous que plus jamais rien de semblable ne doit se produire » a dit le patriarche Cyrille.

« Je pense que c’est la principale leçon à tirer de ce qui nous est arrivé dans le passé et qui nous a amenés à ce jour, à ce miracle de la concélébration de la Divine liturgie à l’église du Christ-Sauveur. Je nous souhaite donc à tous de tirer parti de cette leçon divine et de bâtir les relations entre hiérarques et diocèses, tant en Russie qu’à l’étranger, de façon que la volonté de Dieu ne soit plus bafouée. Car nous avons bu la coupe des souffrances, et le Seigneur a eu pitié de nous, Il nous a réuni par Sa puissance divine autour de l’Eucharistie d’aujourd’hui. A Lui la gloire pour les siècles des siècles. Amen » a conclu le primat de l’Église russe.

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